Invocation

Au commencement, le Seigneur des créatures[4] donna aux hommes et aux femmes, dans cent mille chapitres, les règles à suivre pour leur existence, en ce qui concerne:Le Dharma ou devoir religieux[5];L...


Appendice Au Chapitre 2

N° 1.--Liste des talents exigés d'un homme d'après le Lalita-Vistara.Telle est la liste officielle des soixante-quatre arts libéraux que devait posséder toute personne éminente dans la civilisation b...


Appendice Au Chapitre 3

N° 1.--Il y a dans le Kama-Soutra mille choses qui peuvent dépraver une jeune fille, et que, conséquemment, elle doit ignorer, lors même qu'elle est mariée aussitôt qu'elle a atteint l'âge de puberté...


Différentes sortes d'unions sexuelles

Il y a sept sortes d'unions:L'UNION SPONTANÉE.--Deux personnes s'aiment et s'unissent par sympathie et par goût mutuel. Cette union a lieu entre deux amants de même naissance.Les jeux d'amour avec un...


La vie élégante ou d'un homme fortuné

SECTION 1. - INTÉRIEUR (at home).L'habitation doit être bien située, au bord d'une eau pure, dans une ville ou une bourgade, ou un lieu de plaisir.Les appartements intérieurs sont sur les derrières, ...


La vie élégante ou d'un homme fortuné - Deuxième Partie

Section II.- L'Extérieur.§ I.- Fêtes religieuses.A certains jours propices (fastes) une société d'amateurs s'assemble dans le temple de la déesse Sarasvati (déesse des beaux-arts).Là, on essaie les c...


Des goûts sexuels des femmes des diverses régions de l'Inde

L'auteur donne sur les femmes des différentes contrées de l'Inde des renseignements qu'il destine aux hommes pour qu'au besoin ils sachent en faire usage.Les femmes du centre, entre le Gange et la Ju...


Des morsures.

On peut mordre toutes les parties du corps que l'on baise, excepté la lèvre inférieure, l'intérieur de la bouche et les yeux.Les qualités des dents sont: l'éclat, l'égalité entre elles, les proportio...


Querelles entre amants

On peut considérer les querelles entre amants comme une sorte de mignardise ou de moyen d'excitation.Une femme qui aime beaucoup un homme ne souffre pas qu'il parle devant elle d'une rivale, ni que, ...


Attitudes qui ont pour but unique la volupté

Lorsque l'homme et la femme s'unissent debout, appuyés l'un contre l'autre ou bien contre un mur ou un pilier, c'est l'union appuyée.Quand l'homme, adossé à un mur, soulève et soutient la femme assis...


De l'Auparishtaka ou hyménée avec la bouche

DES EUNUQUES ET AUTRES PERSONNES QUI SONT LES INSTRUMENTS DE CETTE UNION (App. n° 1).Il y a deux sortes d'eunuques: ceux qui s'habillent en hommes et ceux qui se font passer pour des femmes.Ce que l'...


Le rôle de l'homme dans l'union

L'homme doit faire tout ce qu'il peut pour procurer le plaisir à la femme.Lorsque la femme est sur son lit et comme absorbée par sa conversation, l'homme défait le noeud de son vêtement inférieur; et...


Les Apadravyas

L'homme peut aussi, pour satisfaire une femme, user des apadravyas ou objets qui, mis sur le linga ou autour, en augmentent la longueur ou la grosseur, de manière qu'il corresponde aux dimensions du ...


Des embellissements artificiels

Ceux qui sont disgraciés à la fois de la nature et de la fortune peuvent pour plaire recourir à des moyens artificiels tels que ceux-ci: Un onguent fait avec la coronaria tabernamontana, le costus sp...


Des attouchements

Lorsqu'un homme ne peut satisfaire une femme Hastini (type éléphant) il est obligé de recourir à des moyens propres à l'exciter. Il commence par lui frotter le yoni avec les doigts ou la main et n'en...


Le kama Soutra : Titre IX : Chapitre 4

Manière de faire la connaissance d'une femme que l'on désire

Voici comment on se lie avec la femme que l'on aime.

1° On s'arrange de manière à être vu d'elle, soit en allant chez elle ou la recevant chez soi; soit en faisant sa rencontre chez un ami, un membre de la même caste, un médecin ou un ministre, ou bien aussi, à des mariages, des sacrifices, des fêtes, des funérailles, des parties aux jardins publics (Appendice N° 1).

2° Dans chaque rencontre, on la regarde, de manière à lui faire connaître ce qu'on éprouve pour elle; on se tire la moustache, on se mord la lèvre inférieure, on fait du bruit avec les ongles ou avec les ornements que l'on porte, et d'autres signes de même sorte. Lorsqu'elle vous regarde, on parle d'elle, par comparaison avec d'autres femmes,
à ses amis, et l'on fait montre de générosité et d'amour du plaisir. Quand, sous ses yeux, on est assis à côté d'une autre femme, on affecte l'ennui, la distraction, la fatigue, l'indifférence à ce que dit cette amie; on tient, avec un enfant, ou avec quelqu'autre, une conversation à double entente, ayant trait en réalité à celle que l'on aime, bien qu'il paraisse être question d'une autre, et, de cette manière indirecte, on lui manifeste son amour, tout en n'ayant point l'air de s'adresser à
elle.

On trace sur le sol, avec les ongles ou un stylet, des figures qui se rapportent à elle. En sa présence, on embrasse un enfant, on lui donne avec la langue un mélange de feuilles et de noix de bétel et on lui caresse le menton avec la main. Tout cela doit être fait en temps et lieu opportuns (tout cela est plus bizarre que malin; Chauvin en sait aussi long et va plus vite en besogne).

3° On dorlote un enfant assis sur elle, et on lui donne un jouet que l'on reprend pour lui parler; puis on le lui rend et ainsi on entre en connaissance avec elle et dans les bonnes grâces de ses parents. On prend prétexte de ce commencement pour venir souvent à la maison; et, dans ces occasions, on parle d'amour quand elle n'est pas dans la même pièce, mais assez rapprochée pour entendre.

On devra la charger d'un dépôt ou d'un gage, en reprendre de temps à autre une partie; on lui donne à garder pour soi quelques parfums ou des noix de bétel. Ensuite le soupirant amènera une liaison entre elle et sa propre femme, de telle sorte qu'elles aient entre elles des conversations confidentielles et des à parte (joli rôle pour sa moitié); afin de multiplier les occasions de se voir, il s'arrangera pour que les deux familles aient le même forgeron, le même joaillier, le même
vannier, le même terrassier, le même blanchisseur. Il pourra alors lui rendre ouvertement de longues visites sous prétexte d'affaires, en faisant sortir une affaire d'une autre.

Toutes les fois qu'elle a besoin de quelque chose, ou d'argent, ou d'apprendre un des soixante-quatre arts, lui faire voir qu'il veut et peut faire ce qu'elle désire et lui montrer tout ce qui peut lui plaire. De même, l'entretenir en compagnie des faits et gestes des gens et de divers sujets, tels que les bijoux, les pierres précieuses. Dans ce cas, lui montrer certains objets dont elle ne connaît point les prix et, si elle conteste les évaluations, ne point la contredire et se montrer d'accord avec elle en tout point (App. 2).

Telle est la manière d'entrer dans l'intimité d'une femme.


APPENDICE AU CHAPITRE VI

Ovide, Art d'aimer,livre I.

N° 1.--«Au cirque, asseyez-vous auprès de votre maîtresse, approchez-vous d'elle le plus possible, pressez-la de voire corps en prétextant le peu d'espace. Entrez en conversation en lui parlant d'abord de choses générales.

«S'il tombe un peu de poussière sur son sein, enlevez-la d'un doigt léger. S'il n'y a rien, ôtez-le quand même.

«Relevez avec empressement ses vêtements, s'ils tombent à terre, et empêchez que rien ne les salisse.

«Veillez à ce que ceux qui sont assis derrière elle n'appuient pas leurs genoux contre ses blanches épaules. Les coeurs légers se prennent par de petits soins. Que d'amants ont été largement payés d'avoir éventé une beauté, d'avoir à propos arrangé pour elle un coussin ou placé un banc sous ses pieds!»

N° 2.--«Lorsque, autour de la table du festin, vous serez assis près d'une belle sur le même lit, vous pourrez dire, à mots couverts, mille choses que la belle sentira s'adresser à elle, lui faire lire votre amour dans des emblèmes. Que votre regard décèle votre flamme, que votre visage muet exprime votre passion. Saisissez le vase qu'elle vient de porter à sa bouche et buvez du même côté (en Allemagne les époux, pendant toute leur vie, boivent à table dans le même verre). Prenez des mets qu'elle aura touchés, et qu'alors votre main rencontre la sienne.

«Gagnez l'amitié de son époux. Si l'on boit à la ronde, laissez-le boire avant vous. Mettez sur sa tête votre couronne; lors même qu'il serait d'un rang inférieur au vôtre, faites qu'il soit servi toujours le premier; soyez toujours de son avis.

«Simulez une légère ivresse et, à la faveur de cette feinte, tenez à votre belle des propos galants. Souhaitez-lui d'heureuses nuits, des nuits de bonheur partagé. Au moment où l'on se lève de table, profitez du mouvement qui se fait alors pour vous approcher de votre belle, lui serrer la taille et, de votre pied, toucher le sien.

«Alors commencez hardiment l'attaque; dites et faites croire que vous êtes mortellement blessé. En jouant l'amour vous éprendrez réellement.

«Soyez prodigues de promesses; ce sont elles qui entraînent les femmes. Prenez tous les dieux à témoin de vos engagements. Pour tromper Junon, Jupiter jurait par le Styx; il livre en riant aux enfants d'Éole les parjures des amants.

«Croyons, car cela est nécessaire [57], qu'il y a des dieux qui ne sont pas inertes [58] et qui nous voient; vivons dans l'innocence, la bonne foi et le respect religieux des serments, et ne nous jouons que des belles. C'est le seul cas où nous ne devons pas avoir honte de la fraude. Trompons le sexe trompeur. Les femmes ont le privilège de la perfidie; qu'elles tombent dans les pièges qu'elles-mêmes ont dressés.

[Note 57: Les mots en italiques prouvent qu'Ovide était sceptique, au moins en ce qui concerne les dieux, comme, du reste, tous les gens instruits de son temps.]

[Note 58: Allusion aux écoles philosophiques qui admettaient un dieu ou des dieux inertes, c'est-à-dire qui niaient la providence.]

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